Comprendre et traiter la chute des cheveux
Causes, diagnostic, traitements établis et évaluation nuancée du PRP dans l’alopécie androgénétique.
Toutes les chutes de cheveux ne se ressemblent pas
La chute des cheveux peut s’installer progressivement, débuter brutalement ou ne toucher que certaines zones du cuir chevelu. La question centrale n’est pas seulement le nombre de cheveux perdus, mais la cause de la modification du cycle pilaire et l’état des follicules.
Une prédisposition génétique, un stress physique transitoire, une maladie auto-immune, une inflammation, une infection, un médicament ou des tractions répétées peuvent être en cause. Le traitement doit donc découler du diagnostic.
Quatre profils fréquents — quatre questions différentes
Alopécie androgénétique
Affinement progressif. Chez l’homme, la ligne frontale et le vertex sont souvent touchés ; chez la femme, surtout la raie centrale et le dessus du crâne. Les follicules se miniaturisent mais restent d’abord présents.
Génétique · sensibilité aux androgènesEffluvium télogène
Chute diffuse apparaissant souvent plusieurs semaines ou mois après une maladie, une opération, un accouchement, une forte variation de poids, un stress, un changement de médicament ou une carence.
Rechercher le déclencheur · surveiller l’évolutionPelade
Plaques généralement rondes ou ovales. Il s’agit d’une maladie auto-immune dont l’évolution et la repousse sont difficiles à prévoir.
Évaluation dermatologiqueForme inflammatoire ou cicatricielle
Rougeur, douleur, brûlure, pustules, squames importantes ou zones lisses avec peu d’orifices folliculaires peuvent évoquer une alopécie inflammatoire ou cicatricielle.
Diagnostic rapideLe cycle pilaire explique pourquoi les résultats demandent du temps
Chaque follicule traverse successivement des phases de croissance, de transition et de repos. Aucun traitement ne modifie ce processus du jour au lendemain.
Anagène · Phase de croissance
Le cheveu est activement produit. Sur le cuir chevelu, cette phase dure généralement plusieurs années.
Catagène · Phase de transition
La division cellulaire ralentit et le follicule se prépare à la phase de repos.
Télogène · Phase de repos et de chute
L’ancien cheveu est éliminé, puis un nouveau cycle peut commencer.
Diagnostic : identifier la cause avant de choisir le traitement
Le traitement dépend du diagnostic
Alopécie androgénétique
Le minoxidil topique fait partie des options établies. Le finastéride sur prescription peut être envisagé chez certains hommes. Bénéfices, contre-indications et effets indésirables possibles doivent être discutés individuellement.
Effluvium télogène
La priorité est d’identifier et de corriger le facteur déclenchant. Le cycle pilaire peut ensuite se normaliser. Les compléments ne sont justifiés qu’en cas de carence démontrée ou d’indication claire.
Pelade
Selon la gravité, des traitements immunomodulateurs locaux ou systémiques peuvent être proposés. Des inhibiteurs de JAK sont autorisés dans l’UE pour certaines formes sévères, sous suivi spécialisé.
Formes cicatricielles ou infectieuses
L’inflammation doit être contrôlée tôt et les infections traitées de manière ciblée. Les procédures esthétiques ne remplacent pas le traitement de la cause.
Greffe capillaire
Chez des candidats appropriés, des follicules existants peuvent être redistribués depuis une zone donneuse. La greffe ne crée pas de nouveaux follicules.
Quel rôle peut jouer le plasma riche en plaquettes ?
Le PRP est préparé à partir du sang du patient. Après centrifugation, on obtient une fraction plasmatique dont la concentration plaquettaire est augmentée selon le système utilisé. Les plaquettes peuvent libérer des médiateurs qui influencent la communication cellulaire et certains processus tissulaires.
La plupart des études cliniques portent sur l’alopécie androgénétique. Des revues systématiques rapportent des améliorations possibles de la densité capillaire. Les protocoles diffèrent toutefois fortement en matière de préparation, concentration, leucocytes, activation, injections et mesure des résultats.
Le PRP peut donc être considéré comme une option médicale complémentaire possible chez certaines personnes atteintes d’alopécie androgénétique. L’effet n’est pas garanti et il n’existe pas de protocole standard universellement accepté.
Limites et risques
Le PRP ne peut pas restaurer des follicules détruits ou entièrement cicatrisés.
Tout le monde ne répond pas ; le résultat dépend notamment du diagnostic, du stade et de la préparation.
Douleur, sensibilité, saignement, ecchymose, rougeur, gonflement et infection sont possibles.
Les anticoagulants, anesthésiques locaux et autres matériaux utilisés doivent aussi être intégrés à l’évaluation des risques.
Quand consulter rapidement un dermatologue ?
Mesures de soutien raisonnables
Questions fréquentes
Une chute quotidienne est-elle normale ?
Oui. Les cheveux se trouvent dans différentes phases du cycle et une partie tombe chaque jour. Une raréfaction visible, un changement de répartition ou une chute intense et persistante sont plus significatifs.
Une prise de sang peut-elle identifier toutes les causes ?
Non. Les analyses sont choisies selon l’interrogatoire et l’examen. De nombreuses formes sont surtout diagnostiquées cliniquement et par trichoscopie.
Le PRP est-il supérieur au minoxidil ?
Les comparaisons directes ne montrent pas à ce jour de supériorité générale nette sur les principaux critères. Le choix dépend du diagnostic, de la tolérance et de l’objectif.
Quand voit-on les résultats ?
La croissance capillaire est lente. Les changements s’évaluent généralement sur plusieurs mois.
Le PRP peut-il faire repousser des cheveux sur une zone complètement cicatricielle ?
Non. Lorsque les follicules sont définitivement détruits, le PRP ne peut pas en créer de nouveaux.